Fondation d'entreprise
 
 
Charlotte de Saintignon
RSE 
10 jun 2026

Scop : un modèle d’entreprise qui gagne en visibilité

Gouvernance partagée, ancrage local, implication des salariés : les sociétés coopératives et participatives gagnent du terrain dans l’opinion.
Le 4e baromètre OpinionWay pour la CG Scop confirme que les Scop sont de mieux en mieux identifiées par les dirigeants comme par les salariés. Un signal intéressant pour les entrepreneurs qui cherchent à conjuguer performance, engagement collectif et pérennité.

Les Scop sont perçues comme des entreprises d’avenir par 84 % des salariés et 73 % des dirigeants. Ce chiffre traduit l’évolution du regard porté sur ces sociétés coopératives et participatives, longtemps restées discrètes dans le paysage entrepreneurial. Leur fonctionnement repose sur un principe fort : associer les salariés au capital, aux décisions et au partage de la valeur, sans renoncer aux exigences économiques du marché. Dans une Scop, les salariés associés sont majoritaires au capital et dans les droits de vote. Les grandes décisions sont prises selon une règle simple : une personne égale une voix, indépendamment du capital détenu. Ce fonctionnement distingue ces entreprises des sociétés classiques, tout en leur permettant de produire, recruter, investir et se développer dans des secteurs très variés, de l’industrie au BTP, en passant par les services ou le commerce.

Des valeurs au service de la performance

Le dernier baromètre OpinionWay pour la CG Scop montre que ce modèle gagne aussi en notoriété. Désormais, 74 % des dirigeants et 67 % des salariés déclarent avoir déjà entendu parler des Scop.

Leur attractivité repose d’abord sur leurs valeurs : partage des bénéfices, implication dans les décisions, efficacité collective et dimension humaine. Mais l’intérêt du modèle ne se limite pas à sa gouvernance.

Les données économiques du Mouvement Scop confirment aussi sa progression : à fin 2025, les Scop et Scic représentaient 4 583 entreprises, près de 95 000 emplois et 10,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires1. Ce dernier a progressé de 28,6 % entre 2022 et 2025, et même de 134 % sur dix ans (entre 2014 et 2025)2, tandis que les effectifs augmentaient de 86 % sur la même période. Leur solidité se mesure aussi dans le temps : leur taux de pérennité à cinq ans atteint 79 %, contre 69 % pour l’ensemble des entreprises françaises3.

Les Scop sont aussi reconnues pour leur solidité économique : 80 % des salariés et 76 % des dirigeants les jugent compétitives, tandis que 78 % des salariés et 77 % des dirigeants les considèrent comme pérennes. Le baromètre souligne d’ailleurs que 90 % des salariés et 92 % des dirigeants estiment que les Scop contribuent à préserver les emplois locaux.

Un levier de transmission et d’engagement

Pour un entrepreneur, la Scop peut constituer une option à considérer lors d’une création, d’une transmission ou d’un projet de reprise. Elle permet d’associer les salariés au destin de l’entreprise, de mieux partager la valeur créée et d’inscrire les décisions dans le temps long. Des freins demeurent toutefois : certains dirigeants y voient encore un fonctionnement complexe ou peu compatible avec leur vision de l’entreprise. C’est l’un des enseignements du baromètre : les Scop gagnent en visibilité, mais restent encore à expliquer. Pour les TPE et PME, elles ouvrent pourtant une piste concrète : faire de l’engagement collectif un levier de performance durable.

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 Chiffres clés des scop 2025
2 Rapport législatif de Michel Castellani du 20 mai 2026
3 Source Insee

 
Journaliste depuis 20 ans, Charlotte est spécialisée dans les problématiques de l'entrepreneuriat des TPE/PME de l'artisanat de la franchise et des start-ups. Elle a été auparavant rédactrice en chef d'un magazine professionnel à destination des chefs d’entreprise. Elle travaille aujourd’hui pour plusieurs médias et est membre du bureau de l'Association des journalistes PME (Ajpme).

Charlotte anime depuis 2026 la nouvelle rubrique de la Fondation MMA : « La minute entrepreneuriale ».
 

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