Fondation d'entreprise
 
 
André Letowski
Indicateurs 
22 fév 2024

Les créations de sociétés en recul de 7,9 % sur 2023

25,7 % des entreprises ont créé en société. C'est une baisse de 7,9 % au regard de 2022 mais une progression de 20,7 % au regard de 2019. La conjoncture difficile est bien présente.

Le nombre de création en 2023

♦ En 2023, 1 051 500 créations d’entreprises sont enregistrées, soit 10 500 de moins qu’en 2022.

Les entreprises individuelles créées sous le régime du microentrepreneur représentent 63 % des nouvelles entreprises, contre 48 % en 2017, sachant que toutes ne produiront pas des recettes. Près d’un tiers des microentrepreneurs immatriculés au premier semestre 2018 n’avaient réalisé aucun chiffre d’affaires dans les deux ans suivant leur immatriculation.

Leur présence est particulièrement sensible dans les activités d'enseignement (86,7 % des créations), les services aux particuliers (85,9 %), le transport intégrant les livraisons à domicile (83 %). En revanche, leur présence est modeste dans les activités finances et assurances (9,9 %), la santé (36 %) et les activités immobilières (44,5 %) du fait de la réglementation, mais aussi les HCR (40,5 %), l’industrie (54 %) et le commerce (56,9 %) du fait des investissements souvent plus importants.

Les sociétés sont 25,7 % des créations. Elles sont surtout présentes dans les activités financières et assurance (87,3 %), immobilières (47,9 %), et HCR (49,6 %).
La SAS reste le statut favori des créateurs de sociétés (66 % des créations de sociétés, alors qu’elles étaient en 2013, 29 %). À l’inverse, la part des SARL a fortement diminué au cours des 10 dernières années, passant de 63 % à 27 % en 2023.

Les évolutions 2022/2023

Si l’évolution tout type de création se traduit par une baisse de 1 %, les microentreprises ont toutefois connu une hausse de 3,1 % vs une baisse pour les sociétés de 7,9 % et pour les autres entreprises individuelles de 6,2 % (en perte permanente du fait d’un jeu de vase communicant avec les microentreprises davantage sollicitées).

Noter que 2023 comparé à 2019 montre une hausse globale de 21,6 % (33,8 % pour les microentreprises er 20,7 % pour les sociétés).

Les microentreprises ont beaucoup progressé entre 2022 et 2023 dans les activités services aux entreprises pour l’administration et le soutien où sont comptées les créations d’entreprise de nettoyage (+31 %), les HCR (+14,2 %) et le commerce (12,2 %), ces 2 dernières étant en rattrapage. Mais certaines ont connu de nettes baisses comme les activités finances et assurances (-14,3 %) - secteur peu approprié pour la microentreprise - et les services aux entreprises spécialisées, scientifiques et techniques (-12,6 %).

Du coté des sociétés, la tendance est partout à la baisse (notamment dans l’éducation, les activités immobilières, l’industrie et la construction), voire à minimum à la stabilité.

Les créations d’entreprises diminuent dans la majorité des régions métropolitaines. Leur nombre baisse le plus en Paca (-7 %) et en Auvergne-Rhône-Alpes (-4 %), mais progresse notamment en Île de France et en Corse (+2 %).

En Île de France, les créations d’entreprises dans les transports (livraison à domicile) progressent de 22 %, nettement plus que sur l’ensemble du territoire (+6 %). À l’inverse, en Paca, elles se replient fortement dans l’informatique, communication (-19 %, après +36 % en 2022), alors qu’elles sont en hausse de 8 % au niveau national.

Les créations employeuses dès le démarrage

Elles sont 4,1 % au sein des entreprises classiques (en microentreprise, il est pratiquement impossible de faire appel à des salariés), en légère diminution par rapport à 2022. En particulier, la proportion de sociétés employant au moins un salarié à la création continue de baisser, passant de 12 % en 2013 à 5 en 2023.

Les nouvelles entreprises sont le plus souvent employeuses dans la construction (10,2 %), les HCR (9,2 %). A l'inverse, cette situation est peu fréquente dans les activités financières et assurances (1 %) ou les activités immobilières (1 %), voire l’informatique (1,7 %).

Les entreprises employeuses au moment de leur création démarrent leur activité avec 3,1 salariés en moyenne. Parmi elles, l’effectif salarié moyen à la création est le plus élevé dans la construction (4,7), l’industrie (3,7) et les transports et l’entreposage (3,0). Il est le plus bas dans les activités immobilières (1,5) et les services aux ménages (2,0).

Zoom sur les créations par des étrangers

16 % des créations d’entreprise individuelles (hors sociétés) sont le fait d'étrangers contre 13 % en 2018.

La part des entreprises individuelles créées par des étrangers est la plus élevée dans le secteur des transports, alias livraison à domicile (51 %), les taxis et VTC (30 %), ainsi que dans le secteur de la construction (27 %). Ils sont nettement moins présents dans la santé, les activités immobilières, celles financières et assurance (entre 4,7 et 7,7 %) du fait notamment des règlementations en vigueur, et enfin de l’industrie (6,4 %).

Ils sont plus souvent microentrepreneurs qu’entreprises individuelles classiques (17 % contre 9), comme le sont d’ailleurs les Français.

D’un âge moyen de 36 ans, les créateurs d’entreprises individuelles de nationalité étrangère sont le plus souvent des hommes (70 %).

Zoom sur les âges

Les créateurs d’entreprises individuelles (on ne connait pas l’âge des créateurs en société) sont âgés en moyenne de 36 ans, comme en 2022. La part des moins de 30 ans reste stable à 38 % (31 % en 2012 et 38 en 2017) ; ils ont 39 ans ou un âge chez les microentrepreneurs (depuis 2017) et 35 ans au sein des entreprises classiques (ils étaient 31 % en 2012, mais sans grand changement depuis 2015).

Tous types d’entreprises individuelles confondus, les créateurs sont les plus jeunes dans la livraison à domicile, et dans l’informatique (31 ans en moyenne). À l’inverse, ils sont plus âgés dans l’industrie (44 ans) et l’hébergement et la restauration (41 ans).

Zoom sur les femmes entrepreneures individuelles.

43 % des créateurs d’entreprises individuelles sont des femmes, en baisse de 2 points par rapport à 2022, retrouvant peu ou prou le niveau qui prévalait entre 2015 et 2021.

Comme les années précédentes, les femmes sont majoritaires dans les secteurs des services aux particuliers (75 %), la santé (74 %) et l’enseignement (51 %). La part des hommes est la plus élevée dans la construction (97 %), les transports (91 %) ainsi que dans l’informatique, communication (73 %).

Pour en savoir davantage : "Léger repli des créations d’entreprises en 2023", Insee Première N°1984, février 2021

Source : les statistiques sur les créations d’entreprises proviennent du système d’information sur la démographie d’entreprises (SIDE), qui remplace le répertoire des entreprises et des établissements (REE). Il est alimenté à partir de données issues de Sirene et enrichi d’éléments provenant du répertoire statistique Sirus.

Définitions :

Une création d’entreprise correspond à la mise en œuvre d’une nouvelle combinaison de facteurs de production, avec pour restriction qu’aucune autre entreprise ne soit impliquée dans cet événement. Les créations d’entreprises sont en fait des créations d’unités légales, sachant qu‘au moment de l’immatriculation, il n’est pas possible de déterminer si une unité légale est indépendante ou appartient à un groupe.

Ces créations relèvent de l’un des cas suivants :
  • l’immatriculation d’une nouvelle unité légale avec création d’une nouvelle combinaison de facteurs de production,
  • l’entrepreneur redémarre une activité après une interruption de plus d’un an,
  • l’entrepreneur redémarre une activité après une interruption de moins d’un an, mais avec changement d’activité, la reprise, par une unité légale nouvellement immatriculée de tout ou partie des activités d’une autre unité légale lorsqu’il n’y a pas de continuité économique entre la situation du cédant et celle du repreneur. On considère qu’il n’y a pas continuité économique de l’unité légale si, parmi les trois éléments suivants concernant son siège, au moins deux sont modifiés lors de la reprise : l’unité légale contrôlant l’établissement siège, l’activité économique et la localisation.
Rappelons qu’un microentrepreneur bénéficie de formalités d’immatriculation allégées et d’un mode de calcul et de paiement simplifié des cotisations sociales et de l’impôt sur le revenu, s’appliquant aux entrepreneurs individuels qui en font la demande, sous certaines conditions.

Nombre de tableaux trop longs seront disponibles sur le blog début mars.
 
André Letowski est expert en entrepreneuriat, en petites et très petites entreprises. Il publie une note mensuelle regroupant une sélection brute ou retravaillée et commentée des corpus statistiques français, des enquêtes et publications concernant le domaine des TPE, PE et PME.




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